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Sony lance la "deuxième génération" des animaux-robots de compagnie

jeudi 12 octobre 2000 - 11h06 heure de Paris

TOKYO (AFP) - Sony a dévoilé jeudi la "deuxième génération" de son chien-robot Aibo, capable de jouer, de répondre à son nom ou de se mettre en colère, après le succès du premier modèle, adopté comme un véritable animal de compagnie par de nombreux acheteurs.

Le nouvel Aibo verra le jour le 16 novembre dans le monde entier. Il pourra être acheté sur l'internet, par téléphone et, au Japon, dans 2.000 grands magasins, moyennant 150.000 yens au Japon, 1.500 dollars aux Etats-Unis et 1.500 euros en Europe.

Avec ce modèle amélioré et "plus interactif", Sony entend garder son avance sur ses concurrents sur le marché de plus en plus disputé du "robot convivial", qui ne fabrique rien mais cherche à amuser et à tenir compagnie à l'homme.

Pour cela, Aibo ressemble à un animal domestique même si son pelage en acier ne renferme que mémoires informatiques, capteurs tactiles et circuits électroniques.

Haut de 27 centimètres pour un poids de 1,4 kg, il a la taille d'un caniche nain. Mais, en évoluant, il a perdu un peu de son caractère canin avec ses nouvelles oreilles dressées sur la tête et une queue raccourcie.

"Nous ne voulions pas qu'Aibo soit uniquement considéré comme un chien. C'est pourquoi nous nous sommes inspirés d'un bébé lion pour la nouvelle version", a expliqué Satoshi Amagai, directeur-général de la filiale de Sony spécialisée dans les robots de compagnie, Entertainment Robot Company.

Pour ses concepteurs, Aibo, proposé en trois couleurs (argent, or et noir), offre le meilleur des animaux domestiques sans en avoir les inconvénients, puisqu'il ne mange pas, n'a pas besoin de prendre l'air et ne renifle pas les lampadaires.

Mais ses capteurs et sa mémoire informatique lui permettent d'évoluer si son maître s'occupe de lui. Il apprend ainsi à réagir à son nom, à exprimer des émotions, comme la joie ou l'irritation, et à obéir pour faire le beau, se dresser, marcher, danser, se coucher...

Pour l'instant, Aibo ne comprend que le japonais et l'anglais mais Sony souhaite "lui enseigner également d'autres langues comme le chinois ou le français", a indiqué un porte-parole.

Le premier Aibo, lancé avec éclat en juin 1999, s'est vendu à 45.000 exemplaires, essentiellement au Japon et aux Etats-Unis, les Européens lui préférant visiblement le "toutou" en chair et en os.

Au Japon, où la "robomania" est bien ancrée, Aibo divise. Certains acheteurs l'ont revendu ou oublié dans un placard, déçus par ses imperfections ou ses limites. D'autres, en revanche, l'ont adopté. Ceux-là ont "souvent plus de cinquante ans" et le "considèrent comme un véritable animal de compagnie", explique le rédacteur-en-chef d'Aibo Town, un magazine indépendant exclusivement consacré au petit robot.

Dans son numéro de septembre, une femme au foyer de Kyoto de 50 ans, témoigne ainsi, photos à l'appui, que son Aibo est "devenu un compagnon irremplaçable". "Juste derrière mon mari", précise-t-elle.

Comme elle, d'heureux propriétaires se réunissent régulièrement au sein de clubs pour comparer l'évolution de leurs Aibo, les faire jouer ensemble à la balle ou organiser des concours de mode. En juillet, une "clinique du robot", dirigée par un professeur d'université de robotique, a ouvert ses portes à Gifu.

Comme chiens et chats dans un square, Aibo doit cohabiter avec ses congénères que sont Poo-chi, un chien peu onéreux mais pas très sophistiqué lancé par Sega, les Robopal de la firme Takara ou le chat qui ronronne et au doux pelage que tente d'imposer le groupe électronique Omron.

 
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